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COMMISSION CIVILE INTERNATIONALE D’OBSERVATION POUR LES DROITS HUMAINS
Cinquième Visite en raison des évènements dans l’Etat de le Oaxaca

 

 

 

BULLETIN D'INFORMATION SUR
les VISITES de la CCIODH aux QUATRE PÉNITENCIERS de OAXACA
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Ville de Oaxaca le 30 décembre 2006

A ce jour, la Commission Civile Internationale d'Observations des Droits Humains a visité 4 pénitenciers de l'État de Oaxaca et a recueilli les témoignages des prisonniers et prisonnières aux dates et lieux ci-après précisés :

  • Pénitencier de Miahuatlan, le 26 décembre : 7 femmes qui se trouvent actuellement dans le pénitencier ont été rencontrées. (cf. noms dans le tableau ci-joint)
  • Pénitencier de Cuicatlán, le 27 décembre : 2 hommes ont été rencontrés (cf. noms dans le tableau ci-joint)
  • Pénitencier Cosolapa, le 28 décembre : 2 hommes ont été rencontrés (cf. noms dans le tableau ci-joint)
  • Pénitencier de Tlacolula, le 29 décembre : 24 hommes ont été rencontrés (cf. noms dans le tableau ci-joint)

Les prisonniers confirment quelques faits et situations dont avaient déjà fait état d'autres témoignages, lors des entrevues effectuées au siège de la Commission.

À partir des entrevues que nous avons obtenues jusque là, avec les prisonniers et les prisonnières nous pouvons dire que :

  • la majorité des arrestations ont été arbitraires.
  • ce ne sont pas seulement des membres de mouvements sociaux qui ont été arrêtés mais, dans la majorité des cas, il s'agissait aussi de personnes qui étaient sur la voie publique.
  • les arrestations ont été effectuées sans garanties légales (droit à la défense, communication avec l'extérieur…)
  • pendant les arrestations beaucoup de personnes ont été victimes d'agressions perpétrées par les forces de police et des paramilitaires
  • les prisonniers n'ont pas été informés des charges qu'on leur imputait ni de l'endroit où on les transférait
  • beaucoup de prisonniers ont précisé qu'ils n'ont reçu aucune assistance médicale adéquate depuis le début de leur détention
  • la majorité des prisonniers et prisonnières ont été transférés dans une prison fédérale de moyenne sécurité située dans l'État de Nayarit pendant plus de 20 jours.
  • les familles sont restées sans nouvelles des prisonniers plusieurs jours après leur arrestation et n'ont été informées ni de leur transfert ni de leur retour dans l'État de Oaxaca.
  • On ressent un profond choc émotionnel et une désintégration familiale face à la séparation de fils-filles, pères, mères et frères, en tenant compte du fait que des familles complètes sont et/ou ont été dans les pénitenciers.
  • il y a un mineur de 17 ans emprisonné dans le pénitencier de Tlacolula
  • beaucoup de prisonniers se plaignent d'avoir reçu des menaces, des coups, des blessures physiques et d'avoir été torturés psychologiquement pendant les transferts. Dans quelques cas, ils ont reçu des décharges électriques sur plusieurs zones du corps.
  • on observe chez quelques prisonniers et prisonnières l'importance du traumatisme résultant des situations vécues.
  • quelques prisonniers et prisonnières ont encore des traces physiques des agressions endurées pendant l'arrestation, la détention et les transferts, alors que plus d'un mois s'est écoulé.
  • Au pénitencier de San José del Rincón-Nayarit les prisonniers et les prisonnières ont été soumis à une torture psychologique continue (traitements vexatoires et dénigrants, humiliations et menaces)
  • les prisonniers et les prisonnières déclarent qu'on les accuse de délits pour lesquels il n'y a toujours pas de preuves aujourd'hui.

La Commission remercie les directeurs des pénitenciers visités pour leur courtoisie, ceux qui ont permis de visiter les prisonniers liés au conflit de Oaxaca.

La Commission a constaté suite aux témoignages du traitement deshumanisant subi pendant le séjour des prisonniers dans le Pénitencier de Tepic-Nayarit, qu'il n'en est pas de même dans les pénitenciers de l'État de Oaxaca, et actuellement, les prisonniers et les prisonnières visités reçoivent un traitement correct de la part des fonctionnaires pénitentiaires.

Toutefois, le travail n'a pas pu être effectué comme nous l'aurions souhaité, étant donné qu'à partir de la deuxième visite, on n'a pas permis aux membres de la Commission d'entrer avec des caméras vidéo dans les pénitenciers. A noter que lors des précédentes visites, la Commission a pu filmer dans les pénitenciers.

À l'heure actuelle la Commission se trouve dans le pénitencier de Miuhuatlan, pour la deuxième fois, afin de terminer l'enregistrement des témoignages de femmes, puisque le 26 décembre elle n'a vu que 7 femmes et 2 hommes et les témoignages des prisonniers n'ont pas pu être enregistrés.

Commission Civile Internationale d'Observation des Droits Humains